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La région
du lac de Thoune est peuplée dès l'Antiquité. Les
grottes bien abritées de la rive droite servent alors d'habitations
à des populations primitives. Bien avant l'ère chrétienne
le site des grottes (le Balmholz) est connu comme lieu sacré druidique.
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La
légende de Saint Béat
A
une époque reculée, deux voyageurs étrangers
traversaient les montagnes quand ils atteignirent le pays d'entre
les lacs (Interlaken). Accompagné de son disciple Justus,
Beatus l'Irlandais, après s'être fait baptisé
par St-Pierre en personne, était envoyé au delà
des Alpes pour prêcher la bonne parole et convertir les Helvètes.
Lorsqu'ils arrivèrent dans la région de Sundlauenen,
ils apprirent l'existence d'un terrible dragon qui terrorisait la
population. Armé de sa foi, Beatus se fit conduire en barque
sur les lieux et gravit seul la montagne. Une fois en face du dragon
menaçant il éleva la croix du Christ et le monstre,
hystérique, se jeta du haut des rochers dans le lac dont
les eaux se mirent à bouillonner.
Beatus et son compagnon s'installèrent dans la grotte et
y servirent nuit et jour le Seigneur Dieu, jusqu'à ce qu'il
le rejoignît au ciel, à l'âge de 90 ans. Sa tombe
fut creusée dans le rocher, devant la grotte, où elle
accueillit sa dépouille. Justus perpétua sa mission
jusqu'à ce qu'il trépassa. Il fut enterré aux
côtés de son maître.
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Au XIVe siècle, le puissant monastère des
Augustins d'Interlaken, dont l'influence s'étend bien au-delà
des montagnes, profite de la légende de Saint Béat pour
faire de «Sant Batten» un lieu de pèlerinage. Une petite
église est construite, ainsi qu'un cimetière ; pour rendre
le site accessible on aménage le «chemin des pèlerins»,
qui restera jusqu'à la fin du XIXe siècle la seule voie
de communication entre Interlaken et les localités de la rive droite
du lac de Thoune. Saint Béat devient le saint le plus fameux du
canton et les épidémies (ainsi que les catastrophes naturelles
comme les inondations) qui sévissent alors donnent lieu à
des pèlerinages fréquents et regroupant parfois des centaines
de fidèles.
Suite à l'introduction de la Réforme à Berne au milieu
du XVIe siècle, le lieu de pèlerinage du Balmholz est supprimé.
Les religieux d'Interlaken appellent les cantons primitifs à l'aide,
mais la rébellion est matée, l'église détruite.
On la reconstruit en bois, sur le Beatenberg. Un mur est érigé
devant l'entrée des grottes.
Le XVIIIe siècle est marqué par la redécouverte des
merveilles de la nature. L'Oberland bernois commence à attirer
l'attention des peintres, des naturalistes, des voyageurs romantiques.
Les premiers guides touristiques de l'Oberland ne peuvent que recommander
une visite aux grottes de St-Béat, qui constituent dès lors
une halte incontournable pour les voyageurs. Goethe, Lord Byron, Richard
Wagner s'y rendent notamment. Pourtant, suite à l'ouverture de
la ligne ferroviaire du «Bödeli-Bahn», la rive droite
est désertée par les touristes et les grottes tombent dans
l'oubli, pendant plus de vingt ans.
En 1811, un peintre de Brienz parvient à s'introduire à
l'intérieur de la grotte, sur 200 m. En 1903, le directeur de l'office
du tourisme de l'Oberland bernois tente lui aussi l'aventure. Emerveillé
par les beautés qu'il a pu apprécier à l'intérieur,
il décide des explorateurs à sonder les profondeurs et monte
une coopérative qui financera les travaux d'aménagement
nécessaires... La grotte est ouverte en 1904. Dès lors l'engouement
touristique va permettre le financement d'aménagements supplémentaires.
En 1973 ce sont plus de 92'000 visiteurs qui foulent les couloirs de la
grotte ; un belle récompense au vu des énormes investissements
effectués jusqu'alors.
L'aménagement des grottes ainsi que les travaux d'exploration se
poursuivent depuis des décennies, afin d'en connaître toujours
plus sur ces formidables cavités et bien sûr pour offrir
au public les meilleures conditions possibles.

Saint Béat chassant le dragon.
(Gravure de Urs Graf, 1511)
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